Nous nous arrêtons quelques jours histoire de nous remettre au propre et aux nouvelles.
dimanche 10 mai 2009
La chaleur des tropiques, la chaleur des gens
Nous nous arrêtons quelques jours histoire de nous remettre au propre et aux nouvelles.
mercredi 15 avril 2009
Villa O´Higgins vers El Perito Moreno

Beaucoup de portage des vélos, passages sur des troncs, des marécages, pas une journée simple mais cela nous évitait quelques centaines de km de pampa.
De l'autre côté, nous sommes arrivés à El Chaltén dominé par le Fitz Roy majestueux.
Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés dans la pampa Argentine, à peine vallonnée et très aride sur des routes parfaitement asphaltées. L'étape suivante
Lorsque le soleil levant ouvre le spectacle, les pointes acérées du glacier s'illuminent de zébrures orangées, les ombres et les stries bleutées de l'eau caverneuse se retranchent au plus profond des crevasses.
De temps à autres, un pan de glace s'effondre, provocant échos et remous parmi les icebergs polis au pied de la paroi.Avant d'arriver a El Calafate, nous avons expérimenté 60km/h de vent à contre. Ce jour là, nous n'arrivions même pas à nous tenir à côté des vélos!
D'autres jours, 10, 20 et puis 30km/h sans pédaler, c'est la récompense de tous nos efforts lorsque nous filons plein Sud-Est vers Rio Gallegos avec un vent principalement à faveur.
Alors lorsque nous avons passé la Ruta 40 qui obliquait à contre, nous nous sommes dit: Au diable Torres del Paine, au diable Ushuaïa et les villes sans âme qui y mènent, nous n'irons pas en Terre de Feu. Vive le Nord et les fruits bon marché, la douceur de vivre des tropiques.
De Rio Gallegos, 36 heures de bus pour arriver à Buenos Aires, la fenêtre affichait le même paysage uniforme et immuable, des buissons et une herbe rase couchés par un vent hurlant, de quoi devenir fou à vélo.
La capitale du Tango n'est pas vraiment notre tasse de thé, mais quelques jours de repos nous font du bien. Les prix ont chuté de 60% par rapport a ceux pratiqués dans le Sud, nous nous gorgeons de fruits et de légumes, d'empannades.
Avec 18,600km au compteur et presque un an en vadrouille, nous avons aussi besoin de quelques vêtements neufs, et de nouvelles paires de chaussures pour continuer vers la chaleur moite du Nord...
Plus de photos et de route
vendredi 20 mars 2009
Première Gamelle
La descente était assez longue pour une fois. D'une courbe à l'autre, j'oscillais dans la frange hasardeuse des 50 à 60km/h lorsque le chemin changea brusquement pour le pire. Je n'ai pas voulu ralentir trop vite au risque de m'envoyer dans le décors, préfèrant un dérapage libre sur tentative de récupération de trajectoire. Je me suis accroché au vélo tant bien que mal tandis qu'il bondissait de façon incontrôlable d'un bloc de pierre à un autre, jusqu'à ce que la roue avant enfourne dans un remblais de galets en dévers.
J'avais tenu assez longtemps sur le vélo pour profiter de sa décélération chaotique, mon vol plané fut bref et sans gravité. En solde, quelques égratignures sur fond d'hématomes, mais cette glissade m'a calmé pour le reste de la journée.
jeudi 12 mars 2009
Carretera Australe
Nous avons bien tracé jusqu'à Chiloé où nous avons pris notre temps plus que nous le souhaitions. D'abord pour goûter au Curanto, pour visiter quelques villages de pêcheurs montés sur pilotis, et puis au final bloqués par le mauvais temps.Beaucoup de pluie, quelques étapes sous la flotte avant d'attendre un bateau pour Chaitén depuis le port de Quellón. Manque de bol, le volcan qui avait ensevelit Chaitén de cendres il y a environ 9 mois est rentré en éruption la veille de l'embarquement.
Toutes les traversées étaient annulées jusqu'à nouvel ordre.
Les pluies incessantes avaient aussi fait déborder plusieur rivières sur la Carretera Australe, rendant les pistes impraticables sous 1m d'eau.
Les glaciers qui défilent à l'horizon alimentent tous les lacs de la région, baignades fraîches guaranties mais ce n'est pas le bois qui manque pour se réchauffer.
dimanche 8 février 2009
La Fraîcheur du Grand Sud
Apres un peu plus de 16000km au compteur, nous avons accéléré notre cheminement vers le Sud d'un trait de Bus. J'en entend déjà certains crier à l'hérésie, aux imposteurs, mais les 800km d'autoroute jusqu'à Temuco nous semblaient une partie de plaisir inutile. L'alternative qui consistait à zigzaguer les 1300km kilomètres équivalents en suivant la capricieuse Ruta 40 dans la pampa Argentine ne nous réjouissait guère d'avantage.
De Temuco qui nous recevait avec un grand marché, pleins de fruits et des petits plats allèchants, nous avons filé vers Villarica, Pucón et puis nous avons traversé à nouveau vers l'Argentine au niveau du volcan Lanin entouré d'araucacias millénaires. Nous comptions descendre jusque vers Bariloche mais le sur-développement touristique de la région des lacs nous en a fait décider autrement, trop saturée de campings payants et d'hotel barrant tous les accès.
Dès que nous avons recoupé la frontière vers le Chili, nous retrouvions un environnement plus vierge et d'accès plus libre. Les petites maisons toutes en bois avaient du charme avec leurs tuiles d'alerce décolorées par les éléments, et nous avons coupé sur de la grosse piste caillouteuse au pied de volcans majestueux (le cone blanc de l'osorno entre autres) bordant des lacs d'eau cristalline. C'etait encore l'été, il faisait bon se baigner pendant les pauses mais nous commencions a sentir la fraîcheur du Sud.
Après s'être piqués à la flore hostile du nord de l'Argentine, se jeter à bras ouverts dans un roncier peut passer pour un plaisir anodin, surtout lorsque le roncier en question regorge de mûres à point pour le petit déjeuner.
jeudi 29 janvier 2009
Pedalades en Argentine...du vent, beaucoup de vent
Rien que pour avoir le vent en notre faveur, nous sommes même remontés vers Salinas Grandes et Santiago de los Cobres. Les paysages étaient spéctaculaires, avec moins de cactus, mais cela nous ramenait aussi vers la solitude de la ruta 40 et son inimitable texture sinusoidale qui transforme nos guidons en manches de marteau-piqueur.
Des que nous avons pu, nous sommes redescendus vers Cafayate et ses vignes pour y passer le 1er de l'an en compagnie d'autres cyclotouristes rencontrés en route, dont la sympathique famille Jolivot que nous avions rattrapée à nouveau (ils avaient pris le bus en Bolivie, pas fous hein?).
Enfin, quasiment jusqu'à Mendoza, nous n'avons eu que du désert et très souvent le Zonda très fort en milieu de matinée. Parfois, nous faisions la sieste en attendant que ça se calme, pour repartir vers 16 ou 17h.
Tout ce qui pousse dans la région pique. L'algarrobe et ses épines de 12cm de long domine le paysage. Mis a part les divers cactus de sol qui s'étendent en véritable tapis à fakir et rendent le camping un peu délicat (il faut terrasser à la machette), la plus vicieuse des plantes est une espèce de buisson très vert bardé d'épines à double ou à quadruple pointes en chevrons. Dès qu'on l'efleure par mégarde (justement en s'écartant de la route pour camper), les pointes s'ancrent dans la chair ou les vêtements et ramènent le reste de la branche pour lacérer tout ce qui se trouve à portée de rameau. Se défaire de cette plante est tout un apprentissage de patience et de méticulosité.

Comme si la flore ne donnait pas assez de piquant à nos aventures, toutes les bebêtes qui pullulent dans ces contrées ont le don de mordiller ou de piquer. Ainsi, en plus des nuées de moustiques et des fourmilières colonisatrices, les gauchos du coin nous mettent en garde contre les scorpions, les mygales sauteuses et les vipères. Dommage, nous étions bien contents d'ignorer leur présence jusqu'à maintenant.
Enfin, un petit arrêt dans un camping aménagé au bord de sources cristallines nous a redonné espoir avant San Juan. Il y avait même du cresson frais et de petites écrevisses bizarres, au pied d'une belle montagne.
Les Argentins sont très conviviaux et très accueillants. Il est difficile de fréquenter une aire de repos un samedi ou un dimanche sans être convié à une copieuse parrillada. En WE, les familles se reunissent autour de montagnes de viande, dans la catégorie "très bon et très gras" grillées sur d'énormes barbecues publiques installés un peu partout dans le pays. Il y a de l'eau potable à tous les robinets, la plupart des routes sont excellentes, et le niveau culturel moyen nous permet d'avoir de vraies discussions avec les locaux, ne se limitant pas à "combien coûtent vos vélos? venez-vous des états unis? Nous nous sentons plus accompagnés, moins Gringos.
Ici, la contre-partie la plus flagrante du developpement industriel et des normes sanitaires à mille lieux au dessus de ce que nous connaissions jusqu'alors, est l'absence de petits plats en vente partout dans les rues, l'absence de grands marchés ouverts, et un choix très réduit de produits fermiers ou artisanaux. Cela contrarie pas mal les estomacs ambulants que nous sommes devenus, au point de regretter toutes les saveurs douteuses du Pérou et de la Bolivie.
Enfin, nous avons testé le vin, ca ne compense pas vraiment mais ca rend le sommeil profond surtout après une journée sur la route.
Mendoza était une ville trop grande pour que nous sachions l'apprécier, nous avions envie de grand air pur. C'est ce qui nous a motivé pour franchir une dernière fois la cordillère des Andes vers le Chili.
Il y avait bien un tunnel frontalier, mais ca n'aurait pas été drôle, alors nous avons préferé mouliner sur l'ancienne passe. Au rapport 22/32, bien calés dans nos pédales automatiques, c'était tellement raide (8% en moyenne, 16% dans les courbes) que parfois nous glissions en arrière par manque d'adhérence. Dans ces conditions, redémarrer en côte relève du comique. Jamais nous n'avions été aussi près de la neige. Des congères glaces dégelaient au goutte-a-goutte en bordure de piste.
C'était un passage de frontière grandiose, pas de paperasse à 4000m, juste un drapeau planté là avant que la piste ne plonge abruptement sur l'autre versant.
Et puis nous avons filé vers Los Andes, une petite ville tranquile qui nous a servi de base pour faire un aller-retour à la capitale Santiago de Chile, trouver des pièces de rechange pour notre rechaud. Valparaiso n'était qu'à une journée de pédalage. Une vraie ville avec un marche, des petits plats comme on les aime bien et pleins de vieux quartiers assez pittoresques desservis par des ascenseurs montés sur rails.
Plus de niews plus tard et des tofs dans la gallerie
samedi 20 décembre 2008
L'Altiplano: c'est haut, c'est plat, mais on n'avance pas
D'abord, nous sommes allés vers Puno, en passant par les eaux thermales d'Aguas Calientes. Ça nous a fait une bonne base pour camper, 4050m, vue sur des sommets enneigés depuis les bassins d'eau brûlante au petit matin bien gelé.
Et puis nous avons eu beaucoup de plaines très vides à traverser presque en ligne droite, jalonnées par les nombreuses sépultures en mémoire des victimes de la route. Il faut dire que les Péruviens plutôt super sympathiques et tranquilles deviennent des excités une fois au volant de leurs camionnettes surchargées. Cela dit, certaines croix sont décorées avec goût.
Peu de temps après, nous passions par le lac Titicaca, très bleu, très grand comme si nous étions au bord de la mer mais avec la cordillère royale en déco dans le fond, et ses dizaines de pics enneigés culminant à plus de 6000 mètres. Du côté Bolivien, nous sommes allés faire un tour à La Paz, assez chouette comme ville, sans nous donner tellement l'impression d'être dans une capitale. Beaucoup d'animation, plein de bon trucs à manger dont les succulentes salteñas et les tamales à la viande de llama sèchée (faut que je note les recettes). Le pain Bolivien est excellent, en fait, c'est comme à la maison, moelleux avec une belle croûte dorée).
Direction Oruro, toujours du plat et de la route bitumée, des d'espaces illimités pour camper, avec pour seul inconvénient de voir le matin une vague de llamas déferler sur les plateaux d'ichu. Toujours vers le Sud, à partir de Challapata, les choses se compliquent car il n'y a plus de route. Haaa... de la terre craquelée et du sable plein de caillasses, mais ça roule encore. Nous avançons péniblement sur une piste parfois impraticable dans un paysage de plus en plus désertique.
Des dunes, des llamas et des vicuñas sur ce qui ressemble à une maree basse infinie. Heureusement que nous trimballons presque 12 litres d'eau à nous deux car les villages sont très espacés et les conditions de vie y sont plutôt rudimentaires. Jamais nous n'aurons campé autant qu'en Bolivie, autant pour profiter des grands espaces que par manque de lieux d'hébergements dans ces petits villages presque abandonnés.
Après trois jours sans voire grand monde, nous arrivons à Salinas de Mendoza. C'est un petit village très accueillant, et pour cause il y a de l'eau potable au robinet de la place et un très bon pain qu'une vieille dame cuit dans un four traditionnel. Nous faisons le plein de vivres avant de nous élancer sur les berges du désert salé d'Uyuni. Des croûtes de sel craquent déjà sous les roues mais nous n'y seront pas vraiment avant d'avoir passé les collines qui nous séparent de Jirira au pied du volcan Thunupa.
Au contour d'une colline, entourés de milliers de cactus sur une piste vraiment caillouteuse, c'est tout le salar qui s'étend devant nous avec des îlots vaguement discernables sur un blanc éclatant. Jirira est notre dernier point d'approvisionnement en eau. De là, une piste de terre et de sable se jette plein Sud sur le désert de sel. Il y a bien quelques traces de passages au début mais très vite cela devient assez confus. A mesure que le cône du Thunupa rétrécit derrière nous, l'incroyable univers du salar d'Uyuni nous régale d'effets spéciaux.
Tout est blanc, tapissé d'hexagones et de pentagones approximativement crevassés sur l'étendue de sel. Sans boussole il n'y a plus de repères. En continuant plein Sud, nous espérions tomber sur l'ile aux cactus marquée sur notre carte bien à l'Est de l'île Inca Huasi, mais rien n'est simple. Par effets d'indices de réfraction variables sous le soleil implacable, des tâches de ciel liquide apparaissent à l'horizon.
On y voit flotter de nombreux îlots tout arrondis et symétriques comme des bulles de mercure. Selon la distance impossible à évaluer, peuvent surgir de l'horizon miroir des masses flottant dans l'air. Elles mettront des kilomètres d'approche à grossir avant de prendre une forme prenant pied sur la croûte de sel. Au bout de 25km sur cette immense étendue blanche, les berges du volcan Thunupa ont disparu comme par mirage, englouties par la symétrie floue des lieux.
Ces illusions d'optique et l'imprécision de notre carte rendent l'identification de l'île aux cactus impossible. Nous décidons de faire cap au 120 degré dans la direction maintenant purement théorique de Colchani. Cela nous permet aussi de suivre d'autres traces floues selon un axe probable de route vers la ville d'Uyuni. Il fait 35 degrés C vers midi, le soleil nous cuit sans relâche par réverbération malgré cagoule, casquette, manches longues et lunettes noires.
De toute la journée nous ne croisons personne. Nous voyons bien un camion transiter au loin, flotter au dessus de sa propre refléxion comme un jouet miniature en lévitation sur l'horizon. En fin d'après midi, presque 70km à rouler sur du sel et toujours rien en vue. Il fait encore assez bon pour se doucher sobrement et enfin, ce n'est pas le gros sel qui manque pour cuisiner!
Au milieu de cette immensité dure comme de la glace, nous nous sentons vraiment tout petit, même à côté de la tente. En retenant les rayons du soleil couchant, le maillage infini des cristaux de sel qui lézardent la surface du salar s'illumine de façon extraordinaire. Le lever de soleil est tout aussi spectaculaire, avec d'un côté la lune qui se couche sur des tons bleutés tandis qu'à l'Est l'horizon prend toutes les teintes entre l'orange et le bleu ciel avant d'éclater d'un trait aveuglant sous le soleil émergeant.
Le lendemain nous arrivons d'abord à Colchani bordé de tas de sel, et puis vingt kilomètres de tôle ondulée plus tard à Uyuni. La ville en soi n'a pas vraiment d'intérêt mis à part son cimetière de trains ou des locomotives toutes rouillées sont accumulées sur un terrain vague.
Enfin, la piste qui nous emmène d'Uyuni à Tupiza est l'une des plus impraticables que nous ayons jamais vue. Beaucoup de sable sur de la tôle ondulée, nous ne dépassons jamais le 11km/h même sur le plat! Le deuxième jour, re-belote avec le même sable, des dunes à franchir en poussant les vélos, et de la tôle ondulée sur tout le parcours tout en grimpant sur des cols à un peu plus de 4000 mètres avec du 16% dans les côtes. 9.9km/h de moyenne sur la journée! (cela inclus les occasionnelles descentes vertigineuse et casse-gueule évidemment).
L'univer minéral du troisième jour a beau être superbe, la piste est encore plus difficile, mais cette fois-ci nous redescendons de l'Altiplano jusqu'à Tupiza dans un canyon de terres très colorées à un peu moins de 3000m d'altitude. Enfin, quelques jours de repos, de bonne bouffe (ben ça creuse quand même toutes ces histoires!) nettoyage et re-graissage des vélos avant de retrouver de belles routes asphaltées de l'autre cote de la frontière, en Argentine.



